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22 avril 2011

Souffrance au travail. Les entreprises ne se mobilisent pas contre le stress

 Le titre du  " quotidien du médecin" du 19/04/11



indique que l'attention portée aux effets du travail sur la santé est loin d'avoir été pris en compte dans toute son ampleur malgré les rodomontades offusquées des dirigeants et des politiques.
Comme rappelé il y a  quelque temps (02/04/11) des procédures, toutes plus vaines les unes que les autres, présentées comme des avancées sociales ont été proposé aux salariés à grand renfort de communication interne.
Ce type de dispositif improbable prend des formes variées. On ne reviendra pas sur  les divers questionnaires concernant l'état d'esprit au travail , aussitôt publiés aussitôt enterrés, ni sur les formations exotiques de gestion du stress ( respirez, positivez les échecs, et le paradoxal "relaxez vous au bureau" - on ira raconter ça à l'opérateur sur les chaînes de montage automobiles ! - , ni encore sur les interventions orthopédiques sur fond de discours de prise en charge thérapeutique  des coachs et autres psychologues ( vous vous sentez mal , je vais vous accompagner vers du moins mal ... il n'est toutefois pas envisageable de rayonner de bonheur, il faut être réaliste)  dont l’honnêteté n'est pas douteuse mais qui se font abuser par des organisations naïves ou cyniques ...à moins qu'ils soient eux mêmes naïfs ou cyniques.
Sans aller chercher bien loin on sait que  l'entreprise s'est transformée en un marché interne : on facture des services, on calcule des prix de journées d'intervention et obligatoirement la concurrence et la compétition s'installe avec son corolaire : la défiance de l'autre pour une course à la promotion.
Les individus font partie de ce marché . Il entrent en concurrence avec les anciens collègues développent des stratégies de conquête et pour ce faire , les comportements les plus efficaces sont ceux visant à la dévalorisation et disqualification de l'autre.  Car force est de constater qu'a moins d'être lourdement handicapé pour comprendre, le pilotage d'actions collectives n'est pas un combat mais une mise en commun de savoir et savoir faire sous l'égide d'un leader reconnu.
En effet on oublie que le hiérarchique par sa technicité, sa connaissance de l'organisation, son expérience personnelle n'est en place que  pour faciliter le travail des collaborateurs. De la même façon, les circuits d'information ou de production sont également là pour éviter que l'opérateur ne les découvre à chaque moment du processus de travail.
Au lieu de cela des catégories "managériales" sont apparues pour remplir des fonctions de contrôle individuel et d'évaluation qui n'ont d'autres but que d'objectiver des économies et de produire une image de gestion saine, précautionneuse et responsable. Le fin du fin est sans doute l'interprétation qui a été faite de la GRH (gestion des ressources humaines) encore un outil managérial qui n'a d'autres utilité que de réduire le coup du travail et d'augmenter le portefeuille de compétences c'est à dire d'élargir les tâches sans pour autant les enrichir ni les rémunérer cela va se soi !
Ajoutons à cela que l'opérateur disposant d'une haute technicité est son propre contrôleur, se trouve  évalué par moins compétent que lui avec les conséquences en terme d’immobilité professionnelle. On va finalement promouvoir significativement les acteurs les plus incompétents , les moins voyants et les plus "serviables" dont le travail va consister à maintenir une pression inutile pour des objectifs opaques. Un proverbe brésilien en vogue dans les grandes structures peut se traduire par "Pour un avenir sans chemin il n'y a pas de vents favorables"

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