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12 avril 2011

Souffrance au travail. Que fait le management quand on a besoin de lui ?


       Les méthodes entrepreneuriales les plus sauvages viennent à nouveau de se distinguer lors des récents événements chez Renault. Sans entrer dans les détails, ce que l’on on apprend au passage a eu de quoi surprendre les actionnaires. Entre l’ancien espion devenu chef de la sécurité puis incarcéré pour escroquerie, les cadres dirigeants accusés d’espionnage industriel puis innocentés, le vice président, fusible  démissionnaire  aussitôt nommé à un  autre poste dans le groupe, Les salariés on eu matière à s’inquiéter si toutefois ils se faisaient encore des illusions sur la haute tenue morale de leurs dirigeants.        
       Heureusement on a essayé le plus rapidement possible de colmater les brèches avant que le bâtiment ne prenne l’eau et ne s’abîme dans les bas fonds de la bourse !
      Au nombre des méthodes entrepreneuriales figure le contrôle de soi même et de son propre travail.  Ce rôle antérieurement dévolu à la hiérarchie à été transféré sur les individus eux mêmes et augmente le stock de compétences du salarié. En effet le tassement des lignes hiérarchiques à conduit à déléguer le contrôle du travail à l’acteur.
       Ainsi lorsque des opérateurs sur machine se voient attribuer une nouvelle tâche comme celle de diagnostiquer les pannes, ils agissent de fait sur le processus de travail en jouant un rôle décisif dans le continuum productif. En éliminant les temps morts (pour la productivité) l’opérateur devient alors contrôleur et facilitateur de son propre travail.
       Mais que fait le management. A cet égard on peut voir que les organisations fortes de cette « découverte » initiée par le tournant gestionnaire de la fin des années 70, utilisent deux concepts issus du modèle économique néo libéral : la gestion et le management. A cet égard il faut signaler que les traducteurs automatiques traduisent pour plus de confusion encore le mot « management » par « gestion » ! Pour l’ensemble des approches du terme management on se référera à l’article :

      Quoiqu’il en soit, le gouvernement de soi et l’auto contrôle coexistent avec le background bureaucratique de l’organisation et particulièrement dans les services public notamment pour ceux qui ont voulu se doter d’un arsenal gestionnaire, outil privilégié du libéralisme. Le travail devient alors un processus paradoxal pathogène. Il convient d’être autonome, créatif, novateur, responsable tout en respectant des procédures limitatives et soumises à des décisions hiérarchiques supérieures restrictives. On a remplacé, en prétendant le valoriser, le terme de chef à celui de manager. En effet cette terminologie est directement empruntée au vocabulaire anglophone qui rajoute une touche de « modernité » et de « progrès » à son sens initial.
      On voit donc coexister deux notions antagonistes : celle du management qui montre le chemin pour parvenir à un objectif et le chef qui veille au respect des normes qui sont en constante évolution et rarement là ou on les attend.
       Dans ce contexte travailler s’inscrit dans un contexte totalement paradoxal. Il faut en effet être intelligent, autonome, vigilant, créatif, responsable et docile, soumis, obéissant, servile, respectueux. Ces derniers termes, outre qu’ils ne sont pas solubles avec les premier, évoquent le journaliste Michel Droit si « dévoué » à Charles de Gaulle qu’il était surnommé «  le courbé » par le Canard Enchainé

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