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18 mai 2011

Souffrance au travail. La spirale infernale du toujours plus

L'intensification du travail, de la productivité, de la production ne sont pas des données nouvelles. Taylor en avait posé les bases "scientifiques" en méconnaissance de la sphère de travail comme espace psychosocial. Mayo l'avait découvert un peu par hasard sans pour autant que des applications concrètes voient le jour. Il y a eu de temps en temps des tentatives pour prendre en compte l'humain ou plutôt pour dégager la scène de travail des artéfacts humains ( via la psychosociologie et la dynamique de groupe). D'autres ont montrés que le salarié était un stratège qui naviguait au mieux de ses intérêts dans le marigot organisationnel.
Puis, la constatation que la souffrance au travail était omniprésente à conduit à s'interroger sur la dégradation qui s'était sournoisement opérée à la fin des années 70 par  la prise en main  des gestionnaires et des comptables du processus de travail. Le maître concept devenant les "gains de productivité" et leur cohorte d'outils dit de gestion et de management.
Cette volonté de gagner en productivité à consisté à faire la même chose en moins de temps. A cet égard le passage aux 35 h de travail hebdomadaires a été l'occasion, en restructurant les activités, d'être tout autant efficace. La perte en terme d'heures de travail a été compensée par des délais raccourcis et des exigences renforcées.
Bien entendu l'intensification du travail ne pas se résumer  à faire la même chose plus vite (ce qui d'ailleurs laisserait entendre que le limites du supportable pourrait être repoussées ) car se trouvent alors confrontés deux type de logiques
D'abord la logique du travail dans laquelle les salariés ne  se contentent  pas de se conformer aux injonctions des managers mais sont obligés d'innover, de construire, d'anticiper et donc de construire un rapport sensible au travail sans pouvoir utiliser des procédures standardisées.et donc en subissant, malgré les demandes d'efficacité, les aléas du travail avec les partenaires.
Puis la logique du management pour qui l'intensification individuelle est la seule règle ( l'individu n'est plus membre d'un collectif de travail mais occupe une position solitaire)
Tout pourrait se passer sans trop de heurts si comme l'a montré Crozier dans les années 70 le salarié n'était un stratège qui cherchait à se ménager des capacités d'action au mieux de ses intérêts y compris en opposition avec les intérêts de l'organisation
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   L'organisation, le management, le contexte néo libéral génère un ensemble circulaire de causes /effets qui peuvent se schématiser comme suit


choix dans les priorités de travail ----------- utilisation des stratégies individuelles--------------- perte des repères communs et poursuites de buts individuels---------------recul de l'empathie et de la solidarité------------augmentation de la charge de travail (gains de productivité)

Ce mouvement circulaire génère de surcroit des conflits interpersonnels en augmentation constante face auxquels le management est incompétent et impuissant et dont on se rend bien compte qu'ils sont contre productifs. Le climat se détériore et contribue à alimenter la souffrance. 









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