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10 juin 2011

Souffrance au travail. Arrêtez de penser !

         Un accord interprofessionnel sur le stress est signé en 2008. Dans les grandes lignes il prévoit que les organisations sont tenues de  se préoccuper, de repérer et de traiter cette pathologie liée au travail avec toutefois des limites discutables dès l'exposé des motifs
"Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des
contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres
ressources pour y faire face"

           
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        Le stress , la souffrance mentale sont bien décrits comme inhérents au seuil de résistance d'un individu . Les partenaires ne se sont pas intéressé aux causes  et en voulant les ignorer, les organisations se sont précipitées sur le boulevard qui s’ouvrait devant elles et, percevant plus ou moins confusément que la logique causale était ignorée ( logique néolibérale) , vont organiser des actions de formations, de prise en charge, de prévention, des soutiens plus ou moins psychologiques dont le point commun est  de cibler les individus qui n'ont pas pu résister à la pression dans laquelle l'organisation se trouve prétendument  placée du fait "du contexte économique" , de la "concurrence" , du "maintien de l'activité", de la "guerre économique" etc....
        En réalité, sur fond de crainte du chômage, le salariés sont de plus en plus confrontés à un régime de marche forcée qui exclue toute prise de recul, toute réflexion, voire toute intelligence du travail. Faute d'avoir des individus résistants et productifs, on feint de s’intéresser aux plus "contre productifs " d'entre eux qui ont uniquement  besoin qu'on s’intéresse sans arrière pensées à ce qu'ils font plutôt que de se voir proposer une "reconnaissance" de leur plainte à travers ce que Yves Clot nomme les "couloirs humanitaires des organisations".
      Ces acteurs préféreraient de très loin une reconnaissance effective de leur travail plutôt qu'une surveillance continue et le rappel constant à l'ordre productif et à l'ordre social.  Alors comme si c'était une perte de temps il devient quasiment impossible de penser son propre travail ; d'un coté on entend "on n'a même plus le temps de parler boulot " et de l'autre "arrêtez de penser, agissez " comme si  nous ne pensions pas notre action et que  nous n' agissions pas de façon réfléchie !


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