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26 novembre 2011

souffrance au travail. la fin du commun

 
L'individu au travail dans une organisation tertiaire par exemple, est tenu de fonctionner comme une véritable "petite entreprise" ou la notion de "crise" n'est pas envisageable.


Son action est rythmée par des projets qu'il a partiellement contribué à construire sur la base d'idées relativement générales qualifiées de "stratégie" ou de "politique" qu'il est obligé d’interpréter, pour en comprendre les actions à mettre en œuvre. 





Dans les entreprises marchandes cette soi disant politique se résume à une compétition avec la concurrence dans un marché qui la requiert. Dans les services publics et les administrations la même soumission à un  « environnement incertain, concurrentiel voire hostile » est la règle. Cette image d'un marché omniprésent pollue les organisations qui entament d'une seule voix le chant de la concurrence de la performance et du profit. 

Tout et tout le monde est en concurrence : avec les environnements similaires dans un premier temps et immédiatement après avec l'intégralité des sous structures de l'organisation et si cela ne suffit pas, au sein même des équipes de travail.  Dans cette compétition interindividuelle les personnes sont alors rendues entièrement responsables de leurs actes pour être les "meilleurs" sans espoir d'un quelconque soutien, tandis que les managers se préoccupent surtout de conserver, avec leur pré carré, leur supposée compétence de gestionnaire des ressources humaines. Dans ce contexte les acteurs se retrouvent seuls face à un collectif de travail qui a corrolairement disparu.

Les services publics, les administrations, au nom de cette vision de l'organisation comme un marché, sont conduit à promouvoir les "gains de productivité" mais dans le même temps et faute d'une organisation décisionnelle claire et d'objectifs cohérents et mesurables elles sont souvent conduit à faire du sur place. Plus exactement le travail se bureaucratise et devient de plus en plus procédurier. Il convient d'avoir constamment l'aval de la hiérarchie, qui de proche en proche atteint le niveau "politique" qui bien souvent ne se reconnait pas dans les propositions formulées. Le résultat n’est jamais superposable à ce qu’il était imaginé. Dans le même temps et de façon tout a fait paradoxale, la créativité et l'autonomie sont requises et s'accompagnent d’une déclinaison de menaces plus ou moins explicites ayant pour thème l'évolution professionnelle.


Tout se passe alors comme s'il était question de toujours continuer à faire la même chose et de maintenir la structure en place. Ainsi un point de vue superficiel montre que les services publics continuent à fonctionner. Les assurés sociaux sont remboursés et les retraites sont payées, les transports fonctionnent, la population est soignée et les enfants sont instruits.

Au fond les choses sont plus négatives. Des médicaments sont dé remboursés, la durée de cotisation retraite augmente comme le forfait hospitalier. Les trains de banlieue ont des horaires imprévisibles. Des services hospitaliers sont fermés. des postes d'enseignants sont supprimés...



Autrement dit, du travail a été fourni et de l'énergie a été dépensée sans qu'une évolution positive se produise voire mieux, les services ont paradoxalement régressé malgré la quête incessante de la rentabilité.

 Dans les organisations la volonté de performance et de rentabilité ont remplacé les visions à long terme, le respect des opérationnels, leur humanité et leur intelligence et ont considérablement été dégradé de même que les conditions de travail et le plaisir de "faire en commun"

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